

PAR PHILIPPE CADART
boulogne@lavoixdunord.frPHOTOS « LA VOIX »
Les adeptes le savent : le sport est une drogue, l'endorphine, la dose à sans cesse dépasser, à consommer sans modération si tant est, bien entendu, que l'organisme suive. Dans l'art de se piquer au jeu, Thierry Douriez, qui est jardinier à la ville de Boulogne et amoureux transi de la pelouse de la Libération, a fait fort. C'est après une blessure qu'il est passé du foot à la course à pied : « Je voulais continuer à faire du sport, mais sans prétention. On courait avec des potes deux fois par semaine. Rien de plus. » Voilà comment il boucle son premier 10 km, puis le semi, puis, forcément, comme toutes celles et ceux qui arpentent le bitume ou les sous-bis, le marathon, la distance mythique, la référence de Monsieur tout le monde.
Au fil du temps, Thierry affine ses connaissances physiologiques, un détail capital pour ne pas faire n'importe quoi, ne pas faire la course de trop.
Cédric Lelan, diplômé niveau 4 de course hors stade, devient son mentor. Il passe des 42,195km du marathon aux six heures de course, à Marchiennes et La Gorgue.
Le gaillard n'est toujours pas rassasié. Il passe donc du rêve à la réalité : le saut dans l'ultra fond, les 24 heures de course, avec une année de préparation complète. Lui qui se revendiquait comme un sédentaire sportif il y a dix ans de cela, possède alors une mécanique de précision, façonnée par l'endurance pure, avec un coeur qui bat à peine à 45 pulsations/minute. Il n'avale que viande blanche, pâtes, légumes et avale des kilomètres, des dizaines de kilomètres : « Je mettais la voiture à Condette et j'allais au Touquet avec le fiston qui me suivait à vélo. Quand j'arrivais là-bas, mon fils me disait "papa, tu vas réussir à rentrer ? A la fin j'en avais un peu marre. Mais je voulais y arriver ».
Thierry est suivi par le docteur Grosbetty et se rend régulièrement chez Stéphane Lhotellier, le kiné, qui veille au grain, répare, anticipe, prépare.
Avec l'appui de son épouse Christine, sa première supportrice, avec Cédric Lelan, son ange gardien, Thierry a donc frappé fort à Brive : « Personne ne me regardait avec mon dossard 95. A minuit, j'étais 13e, puis le tableau affichant les classement s'est éteint. A cinq heures du matin, j'étais 4e et le 3e n'en pouvait plus. Je n'en pouvais plus non plus, mais j'ai tenu bon, dans un état second. J'ai donc terminé vice-champion de France vétéran et 3e au scratch en bouclant 228,887km. La fédération doit m'appeler pour participer à un stage avec l'équipe de France pour les Mondiaux de Séoul en octobre. On verra bien. » Envie d'arrêter tout en haut ? Pas le moins du monde. Fou, il est fou Forest...
> Un grand merci à Mathieu Harlé, Claude Leroy, René Holuigue, Catherine Bénard et la société Specq et fils à Pernes-les-Boulogne qui l'on aidé à assouvir un rêve qui lui a quand même coûté pas mal d'argent.
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