

PAR PHILIPPE CADART
boulogne@lavoixdunord.fr REPORTAGE PHOTOS : GUY DROLLET
Finale... C'est le mot que Philippe Montanier a employé tout au long de la semaine pour planter le décor de ce match de la mort entre les Rouge et Noir, jamais relégables de la saison, et les Chamois niortais. Tout ça pour ça alors que l'affaire aurait dû être pliée avant ? Ce n'est plus l'heure de ressasser, mais bel et bien de se jeter comme des morts de faim sur le ballon et imprimer sa marque.
Cinq corners en neuf minutes : les Boulonnais attaquent par le bon bout. ils dominent même copieusement, mais ne se créent pas la moindre occasion.
Jusqu'à la 17e minute quand Kinkela slalome côté gauche, se faufile long de ligne et se fait accrocher par Chapuis : M. Ruffray ne bronche pas. Kinkela, qui est revenu à droite, insiste, obtient corner sur corner.
Mais faute de marquer, les Boulonnais perdent assez vite de ce bel allant. À la demi-heure de jeu, la cassure est assez nette. Niort, qui n'a pas encore mis le nez à la fenêtre, se crée une grosse occasion sur un tir croisé de Morizot, que personne n'a attaqué (33e). Il faut un super réflexe de Bague pour dévier en corner.
Boulogne retient la leçon, resserre assez vite les boulons. Couturier, lui, resserre bizarrement sa garde sur Thil dans la surface, mais M. Ruffray se fait encore plus d'amis en disant que le Chamois n'a pas accroché le buteur boulonnais. Le peuple rouge et noir gronde, mais ça ne change rien au film : ça fait 0-0 à la pause et l'adrénaline sature méchamment. À la pause, on apprend que Debes, le gardien corse, a arrêté un penalty... Les Rouge et Noir reprennent en fanfare, avec Thil, qui bute sur Klein (46e) et Kinkela, toujours aussi percutant. C'est encourageant, mais bien loin d'être suffisant, car Mandanne (50e) vient de marquer à Ajaccio. Là, ça devient encore plus crispant. Il faut que Bédénik se lève du banc pour exhorter la tribune d'honneur à encourager ses favoris. Le temps file. Les coachs hésitent : changement, pas changement ? La Libération chante, Boulogne confisque le ballon. Les corners défilent, le drame prend toute sa dimension. Dans les travées, on réclame des changements.
Celui de Liri intervient au dernier quart d'heure. Les Rouge et Noir donnent tout, à l'image de Kinkela, qui pique côté droit, centre : Fischer s'emmêle un peu les pinceaux, mais Klein est vigilant (78e). À Ajaccio, ça bouge : 1-1 (80e). Les ultimes minutes sont encore plus insoutenables. M. Ruffray ignore une faute de Perrinelle sur Leroy dans la surface (90e+2), puis dans un délire indescriptible, un long coup-franc de Ramaré est dévié par Greg Thil. Aidé par Marcq, Perrinelle s'arrache et met au fond. La Libération chavire. Boulogne reste en Ligue 2. De la pure folie. C'est vraiment pour ces moments comme ça qu'on aime le foot, non ?
> Fiche technique en page 34.
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