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Voilà des mois que les représentants syndicaux des chauffeurs routiers tirent la sonnette d'alarme concernant la législation du double équipage. La dernière fois, c'était le 18 avril. La CGT et FO s'inquiétaient quant à la pérennité de cette disposition. Selon les deux organisations syndicales, ce principe à bord des camions serait remis en cause par un nouvel article du code du travail applicable au plus tard le 1er janvier 2009. Ce dernier prévoit d'instaurer des temps de coupure obligatoires (30 mn toutes les six heures). En clair, sur une amplitude de 30 heures, la décomposition du temps de travail s'effectue comme suit : 9 heures de conduite par conducteur soit 18 heures en double équipage 3 heures pour les temps de repas et douche, et 9 heures de coupure obligatoire.
Une directive qui n'est malheureusement pas reprise dans les dispositions de l'harmonisation européenne des temps de conduite et de repos des conducteurs routiers.
Quand on sait combien la concurrence est rude dans ce secteur, on comprend l'inquiétude des salariés. Pour répondre aux impératifs horaires des clients, les entreprises boulonnaises, qui transportent essentiellement des produits frais, risquent de délocaliser en région parisienne. Et les ouvriers pourraient se retrouver au chômage.
« On va obliger les gens à partir 70 heures de chez eux pour être payés 40. Et d'autres perdront leur emploi », déclare Maurice Prévot de la CGT.
Les représentants de chauffeurs-routiers souhaitent bénéficier des dispositions qui sont applicables au personnel des entreprises de transport sanitaire, de transports de fonds et de valeurs, et au personnel roulant des entreprises de transport routier de voyageurs affectés à des services réguliers dont le parcours ne dépasse pas 50 kilomètres.
La délégation, composée de Sylvain Mayeux, Maurice Prévot, Serge Prévot, Pascal Pernel et Serge Ducrocq, a exposé tout cela au sous-préfet hier après-midi.
A l'issue de cette réunion, le représentant de l'État les a assurés de son soutien et a pris un rendez-vous pour que la délégation rencontre Dominique Bussereau, secrétaire d'état chargé des transports.
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