

















Noeud ferroviaire de l'Avesnois, la gare d'Aulnoye-Aymeries joue un rôle clé dans la mise en place de liaisons plus rapides avec l'agglomération lilloise. : La Voix du Nord PAR DOMINIQUE SERRA
region@lavoixdunord.fr
PHOTO DIDIER CRASNAULT Comment grignoter de précieuses minutes en train entre Lille et la Sambre-Avesnois ? L'équation n'est pas simple. Elle se révèle coûteuse mais la situation se décante.
> Ni boucle, ni ligne nouvelle. - Le projet de boucle d'essais ferroviaire ne verra pas le jour dans le secteur du Quesnoy. Pas question donc d'en utiliser une partie pour gagner du temps. Autre décision politique affichée par le conseil régional : on ne construira pas une ligne nouvelle pour soulager l'infrastructure actuelle. Le choix consiste donc à moderniser la liaison existante.
> Appellation TER-GV non contrôlée. - Pourra-t-on parler de TER-GV pour les futures liaisons plus rapides vers Aulnoye, Fourmies ou Maubeuge ? Théoriquement non car elles n'utiliseront ni une ligne à grande vitesse, ni des vraies rames de TGV comme le font depuis quelques années les TER-GV entre Lille et Calais, Boulogne ou Dunkerque en empruntant une partie du tronçon vers le tunnel sous la Manche.
> Une liaison rapide quand même. - « La liaison rapide vers la Sambre-Avesnois va se faire en modernisant la voie existante », confirme Jeannine Marquaille. La vice-présidente chargée des transports à la Région indique que l'opération mobilisera 270 millions d'euros, 70 venant de RFF (Réseau ferré de France) et 200 millions venant de la Région.
> Course contre la montre. - Les améliorations doivent porter sur plusieurs points : réfection de tronçons de voie, reprofilage de courbes, modernisation de la signalisation, enfin suppression progressive des nombreux passages à niveau dont l'existence limite la vitesse maximale des trains à 160 km/h.
> Premières améliorations fin 2009. - Sans attendre la fin de ces chantiers qui prendront plusieurs années, Jeannine Marquaille évoque de premières liaisons rapides pour décembre 2009. Au programme trois allers-retours Lille - Maubeuge en 52 mn (au lieu de 62 mn) et deux Lille - Fourmies en 57 mn (au lieu de 68 mn).
« L'objectif final est de diminuer l'actuel temps de parcours de 30 % », résume la conseillère régionale.
> Entre déception et scepticisme. - Porte-parole de l'association À fond de train, Gérard Dupagny n'y croit pas vraiment. « C'est du rafistolage, du bricolage, on révise à la baisse les promesses, je milite pour une voie nouvelle qui permettrait aux trains de rouler à 200 km/h et il y avait tout de même beaucoup plus de partisans que d'opposants à cette solution », s'étonne Gérard Dupagny. Le militant associatif se demande combien d'années prendra la suppression des passages à niveau et comment on parviendra à insérer des trains rapides sur une voie saturée où passeront aussi trains ordinaires et omnibus.
> D'autres améliorations pour plus tard. - Au conseil régional, on assure que des solutions existent, avec le cadencement à partir de 2012, la suppression à terme des trains de fret sur cet axe et l'apparition, à partir de 2013, de rames TER d'une nouvelle génération, très performantes.
> La RN2 à petite vitesse. - Quant à ceux qui préfèrent la route au rail, ils attendent depuis des lustres la mise à deux fois deux voies de la route nationale 2 entre Maubeuge et Avesnes-sur-Helpe. Sur cet axe qu'a conservé l'État, seuls quelques kilomètres ont été aménagés au fil des années. Au rayon modernisation, la route avance moins vite que le rail. Patience pour tout le monde.
RÉAGISSEZ !
Comment désenclaver la Sambre-Avesnois ?
devousanous@lavoixdunord.fr
Soyez le premier à donner votre avis