

















Jack Lang pourrait approuver la réforme, tandis que pour Frédéric Cuvillier, ce sera «non». : La Voix du Nord Depuis un an qu'ils siègent ensemble à l'Assemblée nationale, Jack Lang et Frédéric Cuvillier ont rarement été en désaccord. Pourtant, lundi, ils le seront. Députés et sénateurs seront réunis en Congrès à Versailles afin de s'exprimer sur le projet de réforme de la Constitution. Un chantier qui avait été préparé l'an dernier par la commission Balladur, au sein de laquelle siégeait Jack Lang. Cette nomination avait déjà provoqué l'ire de nombreux élus socialistes. Le maire de Boulogne rappelle, lui, qu'il avait trouvé « tout à fait normal » que Jack Lang siège au sein de cette commission.
Mais aujourd'hui, au moment de s'exprimer sur cette réforme constitutionnelle, leurs avis divergent. Jack Lang sera peut-être le seul député socialiste à voter « oui ». Au pire, il s'abstiendra. « Parce que c'est un assez bon projet, je ne peux pas y être hostile, affirme le député de la sixième circonscription. C'est une question de cohérence. Au sein de la commission Balladur, j'ai été à l'origine de toute une série de propositions. Sur le fond, et même s'il y a des lacunes, le projet comporte une quarantaine d'avancées positives. » Frédéric Cuvillier, lui, se pliera à la discipline du parti. « Je voterai "non" sans aucune hésitation, tranche l'ancien professeur de droit constitutionnel. On s'est très vite rendu compte que cette réforme manquait de fond. Il y a eu deux temps de travail : d'abord le travail de la commission ensuite, une grande braderie, afin de trouver un arrangement avec tel ou tel élu UMP. On joue avec les institutions. Les vrais problèmes comme le Sénat, le bicamérisme, le rôle du Parlement ne sont pas traités. Par respect pour la commission Balladur, je voterai "non". »
Malgré une attitude solitaire, Jack Lang prend soin, comme à son habitude, de ne froisser personne. Surtout pas le maire de Boulogne. « Je respecte pleinement mes camarades, notamment Frédéric Cuvillier, qui décident de voter contre. Nous avons deux conceptions différentes. Moi, j'ai mes raisons, pour lesquelles je me bats depuis très longtemps, je ne peux pas me contredire. Je ne prétends pas avoir raison contre tous. Les deux points de vue sont défendables. » Jack Lang rejoindra-t-il, lundi, le camp du « oui », formé par les parlementaires UMP ? Joint hier soir par téléphone, il n'avait toujours pas pris sa décision et hésitait toujours.
Jusqu'à présent, lors des deux lectures à l'Assemblée nationale, il s'était toujours abstenu.
MATTHIEU DELCROIX
PHOTOS ARCHIVES GUY DROLLET
> Lire aussi l'interview de Jack Lang, page 29.
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